L'heure n'est pas à la polémique ni à la médiatisation mais plutôt au recueillement et à la persévérance. Toutefois, il est hors de question de se priver de vraies interrogations même celles qui fâchent quant au mystère qui entoure les circonstances du crash de l'Air Bus A 310. Que nous dit la compagnie Yemenia dont l'avion a crashé dans la nuit du 29 juin 2009, dans les eaux territoriales des Comores et qui a coûté la vie à 152 innocents ? 
  
Oui, je veux bien comprendre et adhérer à la thèse du président de l'Union des Comores, Son Excellence, Monsieur Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, lorsque de la Lybie, déclare, je cite ''c'est un décret divin, ''autrement dit '' Zinu ziwumbwa''. Une thèse fataliste soutenue et défendue par son ministre des Affaires étrangères sur les ondes de Radio France Internationale.  Naturellement, c'est un décret divin, mais cette thèse est-elle convaincante ? C'est la question que tout le monde devrait se poser afin de forcer les acteurs de ce drame '' organisé'' d'établir les responsabilités des uns et des autres, en vue de libérer nos consciences. Un travail difficile quand on connaît les enjeux de ce dossier brûlant dont la vérité est toujours loin d'être révélée. 

Dans ce drame, nous avons tous perdu : un parent, un frère, une sœur, un ami, une voisine, un neveu, un ou une proche ou une connaissance quelconque. Nous sommes tous plongés dans un deuil qui ne finira jamais, non seulement parce que nous n'avons pas encore touché nos morts, mais d'aucuns nous empêchent aussi de connaître la vérité. Nous avons le cœur blessé mais nous sommes conscients et lucides et, nous continuons à croire qu'un jour la vérité éclatera. Ceux qui nous la cachent, aujourd'hui, payeront cher, leur mépris envers tout un peuple qui ne demande que d'être éclairé. 
Nous sommes au quarantième jour de ce deuil national et nous avons tous les larmes aux yeux. Pendant que les familles des victimes entourées du peuple comorien, dorment sur les lieux du crash, espérant découvrir les corps des leurs, le chef de l'Etat ne s'empêche de se livrer à des batailles inutiles entre lui et les Exécutifs insulaires, dans le cadre d'une politique politicienne. Pire encore, il n'a pas su prendre de la hauteur pour rendre un hommage mérité à son propre Ministre qui a péri dans ce crash comme cela se doit ailleurs. Est-ce une façon pour le chef de l'Etat de tourner le dos à ces 152 âmes et de vouloir tourner la page pour enterrer à jamais ce dossier ? Il me semble que le président se rend responsable s'il n'est pas encore coupable. 

 

 

Qui sont les responsables de ce drame ?

Pour l'heure, on peut situer trois acteurs dans ce drame '' organisé''. Et ces acteurs sont le Gouvernement comorien, la Compagnie Yemenia et Air Bus, constructeur de l'A 310. Qu'ils nous disent quelque chose ! Même banni un mois après le drame et relégué au second plan par le président Sambi, après avoir reçu les foudres du peuple, le Vice président Idi Nadhoim a failli dès les premières heures de ce crash.  
Oui, il est facile d'accuser l'autre pour avoir ''manqué'' d'informer les autorités comoriennes sur le mauvais état de ce ''cercueil volant''. Il s'est malheureusement ridiculisé et a ridiculisé tout notre gouvernement. Il s'est fait démenti par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui n'a pas attendu pour réagir suite à la déclaration insensée de M.idi Nadhoim en affirmant que '' les autorités comoriennes étaient au courant des problèmes techniques de l'A 310 de la Yemenia. 
 
Les responsables de la compagnie Yemenia, frileuses et pusillanimes, parlent avant l'aube de conditions météorologiques difficiles. C'est facile d'accuser la météo, un coupable virtuel. Pourtant, les spécialistes météorologiques réfutent cette thèse. Puis placent à l'indifférence. Il est insensé qu'à ce jour aucune trace de l'épave de l'avion. Que se vont venir faire les bateaux, les sous-marins, les hélicoptères dans un espace aussi réduit pour ceux qui connaissent la géographie de la région de Mitsamiouli ?  
Puis vient le temps du feuilleton, '' opération boîtes noires''. Tous les acteurs de ce drame se sont accordés de jouer les prolongations pour étouffer la mémoire de nos 152 disparus que nous pleurons et que nous allons toujours pleurer. La France qui, malgré le risque encouru pour perdre le marché des 10 avions Airbus commandés par le Yémen, s'est montrée solidaire avec le peuple comorien en place et lieu des autorités comoriennes qui tempêtent dans leur défense du Yemenia. 


Tôt ou tard, la vérité va être connue

Ce drame est le nôtre. Devant le silence des autorités comoriennes, nous exigeons que les dessous de ce drame soit connus et nous n'entendons pas baisser les bras et épargner ceux qui refusent de nous dire la vérité. Où est-il caché ce rapport établi par les techniciens de l'aviation civile comorienne mettant en cause l'A 310 abîmé au large des côtes comoriennes ? Pourquoi, n'a-t-on pas lu un quelconque communiqué de l'ASECNA sur cette catastrophe ? Et pourquoi, en cette période sensible, les trois acteurs n'ont-ils pas réagi aux spéculations pesantes sur les causes du crash qui font état d'un missile qui aurait été lancé à l'endroit de l'avion ? Comment peut-on comprendre la guerre de communiqués et de déclarations contradictoires autour de la gestion de ce drame ? Et pourquoi Yemenia s'est précipitée de parler d'indemnisation, en deçà d'ailleurs de ce qui est prévu par la Convention de Varsovie avant même que l'on ait procédé aux recherches de l'avion ? S'agit-il ici d'un arbre qui cache une forêt ? Sommes-nous à la fin du feuilleton ou ce n'est qu'un commencement ? 

Tant que nous ne saurons pas la vérité sur ce drame, nous continuerons à dénoncer ce ''silence coupable'' et ceux qui veulent détourner cette vérité en tirant sur nous, parce que nous refusons toute forme de complicité, qu'ils le fassent mais nous restons toujours fidèles à nos 152 innocents ''sacrifiés'' dans la nuit du 29 juin, paix à leurs âmes. 
Il est aussi évident que cette peine est vécue à la fois par les deux peuples comorien et yéménite et que cette épreuve douloureuse qui a ouvert la voie à des dissensions entre Yemenia et la diaspora comorienne ne doit pas altérer les liens ancestraux et historiques qui unissent nos deux peuples comme l'a dit l’a mentionné l'APPEL A LA COMMUNAUTE COMORIENNE. 
 
L'analyse de M.Chafiou sur les causes du crash à COMORESplus, le résumé du livre intitulé le transport aérien entre la souveraineté et la sécurité aux Comores et les commentaires du numéro spécial du journal "Le communes" consacré sur le crash me réconfortent et me donnent le courage d'aller jusqu'au bout dans la recherche de la vérité.


Mouigni Abdou 

Citoyen comorien.

 

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